LUTTE CONTRE LES TERMITES, PREVENTION ET TRAITEMENTS ANTI-TERMITES


Techniques de lutte contre les termites : traitements et prévention

Piège anti-termite utilisé dans le cadre de la lutte contre les termites : mesure préventive et traitement post-construction.Dans les régions contaminées, les colonies de termites tendent à se propager. Des mesures de lutte contre les termites se révèlent donc nécessaires afin d'empêcher une extension aux immeubles. Elles peuvent être curatives et/ou préventives, en fonction des situations.
Les techniques disponibles sont variées et les produits utilisables ont évolué au cours de la dernière décennie, permettant des stratégies de lutte de plus en plus élaborées. Les préoccupations environnementales occupent une place plus importante dans les mesures actuelles.
Les techniques mises en oeuvre dépendent de l'espèce de termites identifiée lors du diagnostic ou de l'état parasitaire. Celles abordées dans ce dossier concernent principalement les termites souterrains, espèces les plus souvent responsables des infestations en France.
La lutte "anti-termites" nécessite souvent des interventions lourdes et délicates ; le choix des produits de traitement, leur utilisation requièrent des compétences particulières et donc de faire appel à des professionnels confirmés.


1 - QUELLES SONT LES PRINCIPALES METHODES DE LUTTE CONTRE LES TERMITES ?


Mesures environnementales (ou mesures "biologiques")

Ces mesures préventives qui ne font pas appel à des substances chimiques, sont fondées sur la biologie et le mode de vie des termites : elles ont pour objectifs de rendre l'environnement peu favorable à l'implantation et au développement d'une colonie de termites.
Beaucoup de ses mesures sont simples à mettre en oeuvre et relèvent du bon sens et de la vigilance de l'occupant des bâtiments situés dans des zones à risque "termites".

Entretenir une bonne hygiène du bâtiment
Un environnement chaud et humide est propice à l'installation et au développement d'une colonie de termites : traiter ou prévenir les problèmes d'humidité dans un bâtiment le rend moins hospitalier. Pour cela, il faut :

  • prévoir une ventilation efficace, en particulier dans les parties basses du bâtiment : ces lieux en contact direct avec le sol et souvent plus humides sont les portes d'entrée habituelles pour une infestation ;
  • éradiquer les eaux stagnantes près des murs, entretenir les gouttières, combattre les remontées capillaires, traiter les infiltrations, etc.

Réduire au minimum les sources alimentaires des termites
Chaque fois que c'est possible, les sources de nourriture potentielle pour les termites doivent être éliminés dans ou aux alentours directs du bâtiment à protéger :

  • les bois morts, les vieilles souches dans un terrain sont éliminés par incinération ;
  • tout entassement près du bâtiment (et en particulier contre ses murs) de bois et autres matériaux à base de cellulose est à proscrire ; ainsi, le bois de chauffage est entreposé loin de l'habitation, car il peut constituer un milieu propice à l'installation d'une termitière, mais peut également déjà contenir une colonie lorsqu'il est livré (voir la Biologie des termites). Si il n'est pas possible de le stocker à distance, le tas doit être isolé du sol, afin de le rendre moins accessible à une colonisation ;
  • les plantations d'arbres à faible distance de l'immeuble sont à éviter (une distance de 15 m est recommandée !) ;
  • à l'intérieur, il convient de ne pas entreposer de meubles, objets, etc. en bois ou à base de celluloses (livres, cartons) dans les parties basses de l'habitation (caves, sous-sol, vides sanitaires).

Lors de la construction ou du réaménagement d'un immeuble, l'utilisation de bois naturellement résistants aux termites, en particulier pour les bois de structure, supprime durablement une source alimentaire des termites et protège le bâtiment.
La norme NF EN 350-2 donne une classification de la durabilité du bois massif pour les principales essences utilisées. Les essences d'arbres naturellement résistantes aux insectes xylophages et aux termites sont toutefois assez rares. En outre, les bois sont fréquemment utilisés avec l'aubier, partie de l'arbre qui n’est jamais durable.
Par conséquent, les bois utilisés sont en général des bois traités auparavant par un produit insecticide.


Traitements chimiques

De nouveaux produits insecticides issus du secteur de l'agrochimie (protection des cultures) ou de l'hygiène publique ont été développés depuis une dizaine d'années. Ils doivent être utilisés par un professionnel qui connaît les recommandations techniques des fabricants et prendra les précautions relatives à la sécurité des personnes et à la protection de l'environnement.
Ces techniques peuvent être employées à titre curatif ou préventif.

Utilisation de bois traités
Lorsque leur résistance naturelle aux termites est insuffisante, des bois pré-traités par un produit biocide (conforme à la directive 98/8 CE) ou par un procédé permettant de le rendre résistant aux attaques d’insectes peuvent être utilisés à titre préventif, lors de la construction ou le réaménagement de certains bâtiments.

Fumigation de gaz toxiques
Cette technique qui fait appel à l'utilisation de gaz toxiques pour les termites est très utilisée aux USA, mais n'a pas été développée en France.
Sa mise en oeuvre efficace et respectant les règles de sécurité est contraignante, car elle nécessite l'évacuation des lieux et la création d'une enceinte de fumigation par bâchage.

Barrière chimique
Utilisée depuis une quarantaine d'années, la méthode de la barrière chimique reste la technique de prévention ou de traitement la plus utilisée en France ; elle consiste à créer des barrières insecticides mortelles entre le bâtiment et le sol, lieu de vie naturel du termite souterrain.
En pratique, un insecticide est injecté après des forages multiples, principalement au niveau du sol, des murs, des bois de structure et éventuellement dans les cloisons, les doublages et les huisseries.
Ces interventions assurent généralement une protection d'au moins dix ans pour les bois traités et d'au moins cinq ans pour les sols et les murs.

Barrière physico-chimique
Ce procédé préventif a été mis oeuvre à partir de 1995 ; il consiste à isoler le bâtiment du sol à l'aide d'un support physique dans lequel, ou sur lequel est fixé un produit biocide. Les tentatives d'intrusions des termites par le sol sont ainsi stoppées ; le film assure également une étanchéité hydrique. Actuellement, le seul produit disponible est un support de type film plastique (poly-éthylène "enduit"), mais d'autres supports pourraient être commercialisés prochainement.
Au niveau des zones d'interruption (drains, évacuations d'eau, joints de ciment, espace autour des gaines techniques, etc.), lieu de pénétration privilégié pour les termites, le même insecticide déposé sous forme de granulés, assure la continuité de la barrière.

Pièges (appâts insecticides)
La technique des pièges à termites, basée sur la biologie et le comportement des termites, est également assez récente (depuis 1997 en France). Elle constitue une innovation par rapport aux méthodes précédentes qui visent surtout à protéger le bâtiment, car ces pièges ont également pour objectif d'éradiquer les colonies.
Les dispositifs, appelés stations, sont placés sur les cheminements des termites, à l'extérieur ou à l'intérieur d'un bâtiment. L'appât utilisé initialement est neutre : il est constitué d'un aliment apprécié par l'espèce de termites identifiée (bois ou matériaux à base de cellulose). Des contrôles réguliers permettent de voir si des termites l'utilisent comme source de nourriture. En cas de "connexion", ils sont remplacés par des appâts contenant un insecticide à effet retard. Les ouvriers qui l'ingèrent, ont donc le temps avant de mourir de le distribuer par trophallaxie (voir la Biologie des termites) à de nombreux individus qui n'accèderaient jamais aux stations. Le produit est ainsi largement diffusé dans la termitière.
Cette technique peut aboutir à la disparition progressive et complète de la colonie, mais ce résultat peut nécessité plusieurs mois.
Les pièges ne présentent pas de risque particulier pour l'environnement, car la quantité d'insecticide qu'ils contiennent est faible.
Ce procédé ne peut toutefois pas être considéré comme infaillible : la prospection des ouvriers en quête de nourriture les conduit en effet vers des sources de cellulose variées (bâtiment, arbres, vieilles souches, pièges, etc.) et la proportion d'ouvriers fréquentant les pièges et ingérant l'insecticide peut être insuffisante pour décimer la colonie.
L'efficacité et la rapidité avec lesquels les résultats se manifestent dépend de l'activité saisonnière des termites, des espèces rencontrées et de l'expertise du professionnel qui met les pièges en place.

Mesures physiques

Barrières physiques
Les barrières physiques sont des dispositifs sans insecticide, constitués par des matériaux qui empêchent le passage des termites. Ce bouclier, mis en place sous l'assise et au pourtour du bâtiment, l'isole du sol.
Cette méthode préventive est très utilisée en Australie où elle a été développée, et plus ponctuellement dans d'autres pays, tels que les USA (Hawaï) et le Japon. Elle pourrait être développée prochainement en France, mais après adaptation, car les techniques de construction diffèrent de celles utilisées en Australie.
Deux matériaux peuvent être proposés pour cette barrière :

  • un grillage au maillage très fin (mailles d'environ 0,5mm), au travers desquelles les termites ne peuvent se faufiler. Il est fait d'acier inoxydable et ces insectes ne peuvent donc le détruire ;
  • une couche de 10 cm d'un granulat de basalte concassé (roche volcanique) ; la nature du matériau ne permet pas aux termites de le broyer, la taille des particules (environ 2 mm) et leur agencement les empêchent de les déplacer ou de se glisser entre.

Dispositifs de construction contrôlables
La réalisation d'un contrôle régulier de l’interface entre le sol et le bâti permet de détecter et de traiter précocement une infestation par les termites. Ce type de surveillance est rendu possible ou plus aisé, si les techniques d’assise des bâtiments employées favorisent un accès facile à cette interface : vide sanitaire avec une hauteur minimale et une trappe d'entrée, sous sol, fondations sur plots. En outre, ces dispositifs rendent plus difficile les intrusions des termites dans le bâtiment.


2 - QUELLES STRATEGIES SONT PRIVILEGIEES POUR QUELLE SITUATION ?

Le développement et la diversification des moyens disponibles permettent une approche optimisée de la lutte anti-termites. En matière de stratégies de lutte, les situations suivantes peuvent être distinguées en fonction de la nature des biens :

  • terrains sans construction ;
  • terrains destinés à recevoir une construction ;
  • constructions, à protéger ou déjà infestées.


Traitement d'un terrain non bâti

Les pièges insecticides constituent la technique de choix pour lutter contre les termites ayant investi un territoire limité, tel qu'un terrain.
Si cette méthode peut permettre d'éliminer efficacement des termitières, elle n'est pas infaillible, les termites pouvant "bouder" ces appâts pour d'autres sources de nourriture plus attractives. En outre, même si l'éradication est un succès, une infestation ultérieure de la zone traitée par une autre colonie reste toujours possible. Il convient donc ensuite de pratiquer des contrôles réguliers de la parcelle.
Le traitement d'un terrain nu par épandage d'insecticide est interdit depuis le 1er décembre 2007.


Mesures préventives lors de la construction dans une zone à risque

Comme pour un terrain qui reste nu de toute construction, les pièges à insecticides peuvent être utiles pour traiter un terrain contaminé qui doit recevoir un immeuble, mais cet assainissement ne peut être garanti sur le long terme ; des mesures complémentaires doivent donc être mises en oeuvre lors de la pré-construction ou de la construction pour prévenir des intrusions ultérieures de termites.
Pendant la phase de pré-construction, peuvent être mis en place :

  • une barrière physique ;
  • une barrière physico-chimique ;
  • un dispositif constructif particulier (construction sur plot, sous-sol, vide sanitaire, etc.). 

Lors de la construction (ou de réaménagements structuraux), l'utilisation d'essences de bois naturellement résistants, ou de bois et matériaux à base de bois préalablement traités sont également des mesures conseillées (voire imposées).

Plusieurs de ces méthodes peuvent être associées : par exemple, mise en place d'une barrière physico-chimique et utilisation de bois traités.
Il convient de se rappeler que dans les zones à risque pour laquelle un arrêté préfectoral a été publié, la réglementation impose et encadre les mesures préventives qui doivent être employées.
Par exemple, dans les départements d'outre-mer, les conditions climatiques sont optimales pour la propagation des termites et la pression parasitaire extrêmement forte, l'utilisation d'essences de bois tropicaux particulièrement résistants aux termites est imposée : angélique, balata, wacapou, azobé, doussié, etc.

Il est à noté que le coût de réalisation de ces mesures préventives lors de la (pré)-construction est nettement plus faible que celui d'un traitement curatif.


Mesures préventives post-construction

Dans les zones à risque termites, il convient en premier lieu d'appliquer les mesures "biologiques" environnementales, afin de limiter les situations à risque : lutte contre l'humidité, suppression des sources alimentaires potentielles dans et à proximité de l'immeuble.
La mise en place d'autres mesures préventives peut être souhaitable pour des bâtiments non infestés, mais particulièrement vulnérables (terrains ou bâtiments proches contaminés).
La technique de choix est alors la mise en place de barrières chimiques au niveau du sol, des murs et des bois. Ce traitement est mis en oeuvre au rez-de-chaussée et éventuellement aux niveaux de mitoyenneté pour les bois de structure.
En cas de présence de colonies de termites sur le terrain environnant, les pièges insecticides peuvent être utiles pour le décontaminer progressivement, mais doivent être considérés comme une mesure complémentaire.


Traitement post-construction d'un immeuble contaminé

Rappelons en premier lieu que lorsqu'un immeuble est contaminé par les termites, la déclaration en mairie est obligatoire.
Le traitement par un professionnel spécialisé dans le traitement "anti-termites" est alors indispensable (et généralement obligatoire), afin d'assurer la sécurité des utilisateurs et d'éviter une extension aux bâtiments adjacents. Ces interventions peuvent être lourdes et concerner l'ensemble du bâti, avec parfois dépose d'équipements ou démolition d'ouvrages.
Comme pour les traitements préventifs post-construction, les barrières chimiques constituent le traitement de base, mais doivent souvent être réalisées sur plusieurs niveaux.
A minima, le traitement des bois de structure est pratiqué, afin de stopper l'évolution des dégâts pouvant mettre en cause la solidité du bâtiment.
Pour un traitement complet et durable, ces barrières sont réalisées au niveau du sol et, pour chaque étage, à la base des murs et de toutes les pièces de bois en contact avec le sol et la maçonnerie. Les termites sont ainsi isolés par une barrière infranchissable ou mortelle. Les éléments de bois non porteurs (menuiseries, plinthes, etc.) peuvent également être traités.

L'utilisation des pièges insecticides à l'extérieur et/ou à l'intérieur peut être une technique complémentaire efficace pour éradiquer les termites. Le respect des mesures "biologiques" environnementales relève là encore du bon sens, certaines carences (humidité non contrôlée, bois entassés contre un mur, etc.) se révélant parfois avoir contribué ou causé l'infestation.


3 - AIDES ET SUBVENTIONS

La réalisation de travaux de lutte contre les termites peut être parfois lourde et contraignante, et par conséquent onéreuse.
Elle bénéficie, sous certaines conditions, des aides relatives à l'amélioration de l'habitat : prime à l'amélioration de l'habitat (PAH), subventions de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH), prime à l'amélioration des logements à usage locatif et à occupation sociale (PALULOS), taux de TVA à 5,5 %.

Quelques liens utiles :

http://www.diagnostic-termites.pro/

http://www.etat-parasitaire.com/

http://www.dimexbat.com/diagnostic-immobilier/diagnostic-termites-etat-parasitaire.html



Mis à jour le 23/05/08

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