LES TERMITES ET LES RISQUES DUS A LA PRESENCE DE TERMITES


Le risque "termites"

Le termite est un insecte isoptère (c'est à dire que les adultes possèdent 2 paires d'ailes de même taille).
Insecte social, tout comme les fourmis, il vit en colonies, parfois de plusieurs millions d'individus. Il est xylophage (du grec "qui se nourrit de bois") et constitue un risque si il vient à s'installer dans des constructions humaines.


Espèces de termites et situation du risque "termite" en France

Présence des termites dans le monde, dont l'Europe du sud. Carte 1.Il existe près de 2800 espèces de termites. La plupart vivent dans les régions intertropicales, mais quelques espèces sont représentées dans des zones tempérées, dont l'Europe du sud (voir la carte 1). Environ 80 d'entre elles (3%), qui appartiennent principalement aux genres Reticulitermes et Coptotermes, constituent un problème économique majeur.

Les termites : présence et densité dans les départements français.Jusqu'aux années 70, seules 2 espèces étaient présentes en France (Réticulitermes santonensis et R. lucifugus).
  Aujourd'hui, des aires d'infestation d'au moins 7 espèces de termites sont connus et continuent de s'étendre. Actuellement, on a identifié la présence de termites dans plus de 50 départements. La densité des foyers d'infestation est variable, mais pour la moitié des départements, moins de 10 communes sont concernées : le sud ouest, région de présence naturelle de plusieurs espèces, présente la plus forte concentration de foyers d'infestation (voir la carte 2).

En fonction de leur habitat naturel, les termites sont distingués en termites souterrains, termites de bois sec et termites arboricoles.

Les termites souterrains vivent en contact permanent avec le sol ou une source d'humidité. Leur habitat naturel est la forêt, où ils se nourrissent de bois morts. Si ils essaiment vers un milieu urbain, les arbres, les poteaux et piquets en bois et le bois des constructions humaines deviennent leur principale source alimentaire.
Présence et répartition des différentes espèces de termites en FranceDans les régions aux climats plus frais, qui ne sont pas des zones de présence naturelle, les habitations représentent un environnement idéal pour l'établissement d'une colonie, et parfois même les seuls lieux permettant sa survie, car elles sont une source de chaleur, d'humidité et de nourriture abondante.
Ces termites souterrains sont les plus couramment rencontrés et constituent le risque le plus important en France métropolitaine
(zone de présence des termites, voir la carte 3).

Les termites de bois sec, sont dits endoxylophages, car ils vivent dans le bois dont ils se nourrissent. En France métropolitaine, l'espèce identifiée est Kalotermes flavicollis : ces termites "à cou jaune" ne sont jamais souterrains, l'humidité du bois, même sec, pouvant suffire à assurer leurs besoins.

Pour les départements d'Outre-Mer situés sous les tropiques, les conditions climatiques permettent à un plus grands nombre d'espèces de termites d'y prospérer. Le risque "termites" en est considérablement accru.
Ainsi, aux Antilles et en Guyane, en plus de termites souterrains (Heterotermes et Coptotermes) et de termites de bois sec (Cryptotermes) sévissent également des termites arboricoles qui construisent leur nid dans les arbres et qui peuvent aussi s'attaquer aux maisons (Nasutitermes).


Biologie des termites

Les termites sont des insectes sociaux et la communication au sein de la colonie est permanente, sous la forme de signaux, chimiques et acoustiques, et d'échanges de nourriture, appelés trophallaxie.

Cette société est hiérarchisée, organisée en castes : larves, ouvriers, soldats, nymphes et adultes reproducteurs.

  • Les jeunes larves sont dépourvues d'ailes, aveugles, blanchâtres et mesurent entre 1 et 3 mm ; elles vont évoluer soit en ouvriers ou soldats, soit en nymphes, qui deviendront ensuite des adultes reproducteurs.
  • Les ouvriers sont des larves plus âgées qui mesurent de 4 à 6 mm. Ils constituent plus de 80% de l'effectif de la colonie et y assurent de nombreuses fonctions, en particulier de subvenir aux besoins alimentaires de la colonie. Ils sont également les bâtisseurs et les nettoyeurs de la colonie. Grâce à leur appareil buccal de type broyeur, les ouvriers récoltent et ingère le bois ou ses dérivés (carton, papier). La cellulose est alors dégradée par des bactéries présentent dans leur intestin. Ils redistribuent ensuite par trophallaxie une partie de cet aliment digéré, aux autres castes de la colonie.
  • Les soldats, dépourvus d'ailes et aveugles, mesurent environ 8mm. Ils possèdent une grosse tête orangée pourvues de fortes mandibules, qu'ils utilisent pour défendre la colonie, par exemple contre les fourmis.
  • Les nymphes sont les stades d'évolution intermédiaire entre la larve et l'adulte. Elles présentent des ébauches d'ailes.
  • Après la dernière mue (5 ou 6 stades d'évolution), les nymphes deviennent des adultes ou imagos. Ces termites ailés, sont noirs, possèdent 4 ailes identiques, plus longue que leur corps de 8 à 10 mm. Ils sont pourvus d'yeux et d'un appareil reproducteur fonctionnels. Ces reproducteurs primaires assurent la pérennité de la colonie et, si l'environnement le permet, son essaimage.

Dans certaines circonstances, des ouvriers (ou plus rarement des nymphes) peuvent développer la capacité de se reproduire, et constituent donc des reproducteurs secondaires. Ces larves devenues fertiles sont dites néoténiques.

Termites de bois et termites souterrains : biologie mode de dissémination.Les modes de dissémination de la colonie sont variés :

Elle peut se faire par essaimage, avec l'envol des reproducteurs adultes sexués (avril, mai), qui après avoir quitté la colonie, tenteront d'en créer une nouvelle quelques dizaines de mètre plus loin ;
Le second mode de dissémination est le bouturage naturel (également appelé marcotage) : lorsqu'elle atteint des dimensions importantes, une colonie peut se trouver scindée en plusieurs sous-colonies. Si chacune possède déjà des adultes reproducteurs, elles évoluent d'emblée de manière indépendante. Si une de ces colonies est dépourvue de reproducteurs, des néoténiques apparaissent et assurent ainsi sa survie.
Ce bouturage peut aussi être artificiel, si une partie de la colonie est accidentellement morcelée (par exemple, déplacement par l'homme de bois coupés) : là encore, des néoténiques apparaissent alors dans la colonie déplacée, si elle ne contient pas déjà d'adultes reproducteurs.
Seul ce dernier type de dissémination permet une implantation éloignée de la colonie d'origine, avec des déplacements qui peuvent être à l'échelle nationale, voire internationale ; les modes naturelles n'aboutissent qu'à une dispersion à quelques mètres ou dizaines de mètre de la colonie mère. Les activités humaines sont donc les principales responsables de l'extension de la contamination par les termites.


Quels dégâts les termites peuvent ils provoquer ?

En raison de leur organisation en colonies nombreuses et de leur mode de vie (consommation de matériaux contenant de la cellulose), les termites sont susceptibles de provoquer des dégâts importants aux bâtiments.

En France métropolitaine, les dégâts rencontrés sont dus essentiellement aux termites souterrains.
Ils creusent le bois de l'intérieur, attaquant en premier les parties les plus tendres. Des évidements sont ainsi créés dans le sens du fil du bois, qui renferment par endroit des amas terreux, mais sans aucune vermoulure (au contraire des termites de bois sec). Le plus souvent, un bois infesté par les termites, ou l'ayant été, présente un aspect feuilleté.

Ces évidements affaiblissent les pièces de bois attaquées ; si la colonisation concerne des matériaux de construction, ceux-ci risquent de ne plus remplir correctement leur rôle de maintien de la structure. L'activité des termites peut donc aboutir à des effondrements (parquets, plafonds, chambranles, etc.), voire à l'écroulement d'immeubles abandonnés.

Les dégradations dans une habitation contaminée peuvent également concerner la plupart des objets constitués de bois ou de cellulose, tels que le mobilier, mais aussi des papiers, des livres, etc.
Pour avoir accès aux matériaux comestibles, les termites sont occasionnellement amenés à cheminer au travers des plâtres, isolants, etc., qui peuvent donc être endommagés.

Si les termites sont certainement les plus redoutables ennemis du bois, il convient toutefois de garder à l'esprit qu'ils ne sont pas les seuls : d'autres insectes xylophages, certains champignons, peuvent également être responsables de dégradations significatives.


Quand faut il soupçonner la présence de termites dans une habitation ?

Les termites sont difficiles à observer directement, car ces insectes évitent la lumière.
Il est parfois possible de repérer les termites souterrains en observant les éléments en bois en contact avec les sols ou les murs.
De même, on peut assister parfois à l'envol de termites ailés pendant la période de l'essaimage.
Des confusions avec d'autres insectes sont toutefois faciles pour un particulier : par exemple, l'essaimage avec envol d'individus ailés est un phénomène également observé chez les fourmis.

Ces observations directes étant rares, la suspicion est le plus souvent fondée sur la mise en évidence des traces et dégradations occasionnées par ces insectes, en particulier :

  • des éléments en bois (morceaux de poutres, boiseries, plinthes, meubles, etc.) qui cèdent anormalement, à la suite d'un simple choc et révèlent un bois évidé et/ou feuilleté ;
  • des orifices de la taille d'une tête d'épingle et des galeries tunnels sur les plâtres ;
  • L'observation de vermoulures (absentes avec les termites souterrains) peut révéler la présence d'une colonie de termites de bois sec.

Dégâts dus à la présence de termites. Bois creusé de l'intérieur, aspect feuilleté.Là aussi, les signes de dégradation des bois ou de la présence d'insectes permet rarement à un particulier de déterminer s'il s'agit de termites ou d'autres parasites de l'habitation. La localisation de l'habitation dans ou à proximité d'une zone connue pour être contaminée, peut renforcer la suspicion. En revanche, l'éloignement de ces zones infestées ne permet jamais d'exclure le risque termite et l'apparition d'un nouveau foyer d'infestation.

Dans tous les cas de suspicion, il est donc vivement conseillé de se rapprocher d'un spécialiste : grâce à son expérience et à ses connaissances techniques, celui-ci pourra établir un diagnostic de certitude et identifier précisément "l'agresseur". Ce professionnel pourra en outre donner les conseils adaptés, si la présence de termites est confirmée.

En raison de ce risque de dégradations et de l'extension progressive de la zone d'infestation par les termites, les pouvoirs publics ont développé un dispositif législatif et réglementaire dont l'objectif est de protéger les acquéreurs et propriétaires d'immeubles contre les termites et autres insectes xylophages (voir l'état parasitaire).
Si un propriétaire peut donc faire appel de sa propre initiative à des professionnels du diagnostic et/ou de la lutte, dans certaines circonstances, la recherche d'une infestation par les termites, des mesures de lutte ou de prévention peuvent donc lui être imposées par la règlementation.

 

Quelques liens utiles :

http://www.diagnostic-termites.pro/

http://www.etat-parasitaire.com/

http://www.dimexbat.com/diagnostic-immobilier/diagnostic-termites-etat-parasitaire.html

 

 

 

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Mis à jour le 22/05/08

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